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500€ d’amende pour le décrochage de portraits de Macron : la répression confirmée en cassation

La Cour de cassation a rendu son verdict ce mercredi et confirme la condamnation pour « vol en réunion » de militants écologistes pour avoir décroché des portraits du président de la République. Cette décision à l’encontre des « décrocheurs » est symptomatique de la répression politique qu’opère le gouvernement à l'encontre de toute contestation.

jeudi 19 mai

Crédit photo : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

L’affaire concerne douze militants qui avaient avait été jugé en 2019 pour avoir décroché des portraits de Macron. Les actions avaient été réalisées dans plusieurs mairies parisiennes, de Valence et de Strasbourg dans le cadre d’un mouvement plus large appelé « Décrochons Macron » initié par le mouvement Action non-violente COP21 (ANV-COP21). Des procédures judiciaires ont été ouvertes pour « vol en réunion » et condamnaient les militants à payer des amendes allant de 200 à 500 euros, pour certaines avec sursis. Alors qu’il faisait de nouveaux appels, c’est cette décision qui a été confirmée ce mercredi par la Cour de cassation ce mercredi.

Les militants écologistes contestent cette condamnation qui porte atteinte à la liberté d’expression et compte bien porter cette affaire cette fois devant la Cour européenne des droits de l’homme. Cécile Marchand qui fait partie de ces décrocheurs affirme dans Le Monde : « C’est une déception, la Cour démontre son incompréhension totale de nos actions, mais nous restons déterminés […] L’action collective est essentielle, le message politique est totalement associé au symbole et irréversibilité fait partie du message.  » Déplorant ainsi le caractère répressif de la condamnation qui censure toute action politique dénonçant l’inaction du gouvernement Macron en terme d’écologie et la casse sociale que celui-ci opère sur les classes populaires qui sont les premières touchées par le dérèglement climatique.

La plus haute instance judiciaire de l’État estime pour sa part que «  la condamnation n’était pas disproportionnée au regard de la valeur symbolique du portrait du président de la République et du refus de restituer […] Ainsi que de la circonstance que le vol a été commis en réunion.  » refusant ainsi toutes revendications politiques et contestataires de cette action. Cette mauvaise foi de la part des instances judiciaires lui permet donc de réprimer et de museler toute opposition populaire à la politique que mène Macron, quitte à empiéter sur le droit à la liberté d’expression.

Les procès contre les « décrocheurs » se sont multipliés en 2019 notamment suites aux actions commises lors des Gilets Jaunes, c’est une cinquantaine de procès à l’encontre de quatre-vingt-sept militants qui ont été déclenchés. Certains verdicts ont placé la barre très haute en termes de répression comme en septembre 2019 où 8 militants écologistes d’Action Non Violente COP 21 et un vidéaste fondateur de la page Partager C’est Sympa, comparaissaient devant la 16e Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris, habituellement chargée des affaires de terrorisme, pour avoir décroché des portraits de Macron dans les mairies des 3ème, 4ème, et 5ème arrondissement en février 2019. Jugés toujours pour « vol en réunion », ces militants risquent jusqu’à 75 000€ d’amende et 5 ans de prison.

Alors que Macron vient d’être réélu, il est évident que ces cas de répressions vont se poursuivre. Certaines procédures juridiques sont toujours en cours contre les « décrocheurs », mais cela s’étend et s’étendra aussi à d’autres militants et organisations. Il ne faut pas laisser s’installer la criminalisation constante faîte à l’encontre de toute forme de résistances aux politique macronienne. Nous devons systématiquement apporter notre soutien face à cette répression politique qui ne fait que s’accélérer.



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