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7 février

4500 MW de baisse de production d’électricité : les grévistes d’EDF durcissent le mouvement

Pour la #greve7fevrier, les grévistes d’EDF ont procédé à d’importantes baisses de production de l’électricité de l’ordre de 4500 MW, l’équivalent de quatre réacteurs nucléaires. Une action qui exprime une volonté de durcir le mouvement.

Damien Bernard

7 février 2023

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Pour cette nouvelle journée de mobilisation, les grévistes d’EDF ont procédé entre lundi et mardi à d’importantes baisses de production d’électricité de l’ordre de 4 500 MW, soit l’équivalent de 4 réacteurs nucléaires. Des baisses de charge qui, si elles n’ont pas provoqué de coupures d’électricité, constituent néanmoins un saut par rapport à la journée de mobilisation du 31 janvier où 3 000 à 3500 MW de baisse de charges avaient eu lieu. De quoi impacter l’économie puisque, selon la CGT Energie, cette action aurait des conséquences évaluées à plusieurs « dizaines de millions d’euros ».

Si la direction d’EDF affirme que le taux global de gréviste est en baisse par rapport à la dernière journée de mobilisation (30,3 % contre 40,3%), la grève se maintient de façon importante du côté de la production. Parmi, les centrales fortement mobilisées, on compte celle de Paluel en Seine-Maritime, de Dampierre dans le Loiret, la centrale thermique de Martigues dans les Bouches-du-Rhône ou encore la centrale à charbon de Cordemais en Loire-Atlantique où, selon Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la FNME-CGT, il y a eu « de forts taux de grévistes » et des « filtrages à l’entrée des sites ».

Les travailleurs du gaz pourraient-il durcir la grève ?

Alors que la fédération CGT l’Énergie (FNME) a appelé, avec la fédération CGT des Mines, des Ports et docks et des cheminots, à durcir le mouvement durant 48h à partir de ce 7 février, la dynamique pourrait bien s’étendre à d’autres secteurs de l’énergie comme l’affirme Fabrice Coudour à l’AFP : « Depuis 5h30 ce matin » des « barrages filtrants » ont eu lieu sur un site de stockage souterrain dans l’Oise de l’entreprise Storengy, filiale d’Engie. « On a lancé un appel pour l’ensemble des sites Seveso gaz de la France » a déclaré de son côté Frédéric Ben, responsable du secteur gaz à la FNME-CGT.

Pour l’heure, cependant, cet appel à la mobilisation des travailleurs du gaz n’aura pas d’impacts sur la production en tant que tel. À ce stade, « il n’y a pas d’action spécifique » sur les installations, et « les entrées et sorties de gaz vont être normales » a tenu à assurer le syndicaliste. D’autres types d’actions seront ainsi privilégiées tels que le blocage de l’accès à la maintenance des sites pour des prestataires. « Ces opérations vont être reportées et si le mouvement perdure, si elles ne se font pas, ça aura forcément par la suite un impact sur les émissions de gaz », a expliqué la FNME-CGT.

Convaincre, entraîner et s’adresser à l’ensemble des travailleurs

Si l’appel à durcir la mobilisation va dans le bon sens, la question qui reste ouverte est celle d’entraîner dans la grève reconductible et le durcissement du mouvement les autres secteurs mobilisés, pour construire une grève reconductible large. Une perspective, qui pour pouvoir s’incarner dans la réalité, va devoir s’articuler avec la construction d’Assemblées Générales pour que l’ensemble des grévistes se saisissent du mouvement et en deviennent eux-mêmes les constructeurs, afin de convaincre l’ensemble des secteurs mobilisés de la perspective d’un mouvement reconductible.

Pour construire une telle perspective, il faudra aussi élargir le socle revendicatif, encore défensif, proposé par les quatre fédérations. Cet enjeu est central pour convaincre y compris les secteurs les plus précaires, pour qui la question des salaires demeure notamment centrale, de rejoindre le mouvement !


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