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Écologie

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33 millions de tonnes de CO2 par an : les Mulliez premiers pollueurs de France avec Auchan Retail

Dans un rapport, Oxfam et Greenpeace quantifient la pollution résultant du capital financier et des entreprises de 63 milliardaires français. Les résultats sont impressionnants et montrent à quel point ces grandes fortunes sont des ennemis à combattre pour préserver l’environnement. En tête des pires pollueurs : Gérard Mulliez et sa famille qui possèdent le groupe Auchan Retail, et contre lesquels les salariés précaires de Chronodrive se mobilisent actuellement.

vendredi 1er juillet

63 Milliardaires émettent plus de CO2 que le Danemark, la Finlande et la Suède réunis !

Dans une étude publiée en février 2022, Oxfam et Greenpeace comptabilisent les émissions de gaz à effet de serre de 63 milliardaires français. Ces opérations de quantification se limitent habituellement à la consommation des milliardaires, montrant qu’entre jets privés et yachts, l’environnement est la dernière de leurs préoccupations. A l’inverse, cette étude se concentre sur l’impact climatique du capital financier et des entreprises détenus par les milliardaires.

Les résultats obtenus sont effarants, bien que peu surprenants : le capital financier des 63 milliardaires français étudiés émet plus de 152 millions de tonnes d’équivalent CO2 par ans, soit l’équivalent des émissions territoriales cumulées du Danemark, de la Finlande et de la Suède. Dans l’Union Européenne, 21 pays sur les 27 ont une empreinte carbone inférieure à celle de cette bande de milliardaires.

Sur le podium des plus gros pollueurs se retrouvent Emmanuel Besnier, PDG du groupe Lactalis, Rodolphe Saadé, qui a hérité de l’entreprise de fret maritime CMA-CGM et en première position Gérard Mulliez et sa famille avec le groupe Auchan Retail.

Derrière une façade verte, les Mulliez font brûler la planète

La famille Mulliez, c’est « quelques 130 marques ou enseignes, un empire de 700 000 salariés dans le monde, un chiffre d’affaires cumulé de près de 100 milliards d’euros par an », comme le rapporte Le Monde, tout ça partagé entre les 800 membres de la famille inscrits à l’AFM, l’Association Familiale Mulliez.

La famille Mulliez c’est également une image de marque soignée, notamment dans le domaine de l’environnement. Sur le site de Chronodrive, l’une de leurs enseignes de course en lignes, on peut apprendre, entre deux photos de champs verdoyants, qu’ils pratiquent le « commerce responsable » et qu’ils mettent « au cœur de [leur] commerce le respect de notre environnement et [leurs] engagements humains. » Les Mulliez investissent également dans « l’énergie verte » avec Voltalia, une entreprise fondée en 2005 dont la famille possède aujourd’hui 85% du capital.

Mais derrière la jolie façade et le greenwashing, la famille Mulliez c’est surtout plus de 33 millions de tonnes d’équivalent CO2 émises par ans via Auchan Retail. C’est plus que les émissions territoriales de pays comme l’Irlande, la Suisse ou encore la Tunisie !

Dans une étude parue en 2021, « The Mortality Cost Of Carbon », l’économiste Daniel Bressler calcule les morts entraînés par l’émissions d’un million de tonnes de CO2, en raison du réchauffement planétaire qu’il cause. D’après lui, 1 million de tonnes émises en 2020 causeraient 226 décès d’ici à la fin du siècle.

Suivant ces estimations, l’activité de Auchan Retail, qui fait la fortune des Mulliez condamnerait 7 458 personnes par ans à mourir des conséquences du réchauffement planétaire. Le « Commerce responsable » et les « engagements humains » mis en avant dans la communication du groupe apparaissent dès lors pour ce qu’ils sont : un vernis hypocrite permettant de mettre sous le tapis les impacts désastreux du groupe et de séduire une clientèle préoccupée par les enjeux environnementaux.
 

Un impact très sous-évalué

Les émissions dont sont responsables les milliardaires considérés dans le rapport, bien que massives, sont très sous-évaluées. En effet, Greenpeace et Oxfam évoquent deux facteurs principaux qui rendent très difficile une évaluation exhaustive de ces émissions.

Premièrement, seule l’entreprise qui représente la majorité du capital de chaque milliardaire est considérée : « cette étude ne se concentre que sur les actions des milliardaires détenues dans leur entreprise principale. Les données publiques ne nous permettent pas de connaître le portefeuille complet des actions des milliardaires français. Par exemple, Gérard Mulliez possède aussi avec sa famille, à travers leur structure Association familiale Mulliez, des actifs dans une vingtaine de grandes entreprises en plus d’Auchan, dont Kiabi, Décathlon, Boulanger et Flunch ». Une partie importante mais difficile à évaluer de l’impact environnemental du capital des Mulliez est donc négligée dans cette étude.

Deuxièmement, Greenpeace et Oxfam insistent sur le fait que « les entreprises ne sont pas toujours transparentes sur la totalité de leurs émissions de CO2 directes ou indirectes ». Les Mulliez par exemple sont régulièrement épinglés pour les libertés qu’ils prennent autour des déclarations des émissions de gaz à effet de serre de leurs entreprises. L’association Notre Affaire A Tous expliquait ainsi dans un rapport que le bilan carbone de l’entreprise Auchan est « incomplet », l’entreprise se permettant même de négliger des pans entiers des émissions dont elle est responsable, réduisant ainsi – sur le papier – la pollution qu’elle cause. Une fois de plus, dans ce rapport, les Mulliez se retrouvaient sur le podium des plus gros destructeurs de l’environnement, aux côtés de Total et de Natixis.

Même s’il est très largement sous-évalué, la famille Mulliez et le grand patronat en général ont un impact catastrophique sur l’environnement. Via leurs entreprises, ils nous entraînent tout droit dans le mur, et ce uniquement pour accroître toujours plus leurs profits.
 

Organiser la lutte écologiste au côté des travailleurs précaires

Alors que la crise écologique s’approfondit et que le GIEC avertit qu’il faudrait réduire les émissions de moitié en moins de 10 ans pour rester sous les 1.5°C, il apparaît nécessaire de lutter directement contre ce grand patronat, qui n’a que faire de la destruction de l’environnement et des impacts sur les populations qu’elle cause.

Ce combat ne pourra se faire qu’aux côtés des travailleurs de ces entreprises, qui font face au quotidien à des conditions de travail pénibles et à des salaires de misère. Alors que tout augmente sauf les salaires, des travailleurs de nombreux secteurs se mobilisent autour de cette question des salaires. Dans ce rapport de force entre le patronat et les salariés, poser la question écologique est aussi un moyen de démontrer les conséquences en matière écologique de la confiscation de l’outil de production et des choix productifs entre les mains du patronat. Le combat actuel des salariés du Chronodrive de Basso Cambo à Toulouse illustre bien cette logique : les salariés, majoritairement jeunes et précaires, tous payés au SMIC, se sont mis en grève face au mépris de la direction et pour revendiquer une augmentation salariale. Sur le piquet, une militante climat est intervenue pour souligner la nécessité de se battre contre les Mulliez et leur monde. Alberta, militante à Révolution Permanente a également souligné qu’il fallait s’organiser avec les travailleurs précaires et toute la jeunesse, pour faire payer le patronat, responsable de la crise écologique et s’enrichissant grâce à la précarisation des travailleurs.

Pour faire payer le patronat et organiser une lutte écologiste qui se mobilise contre le grand patronat et au côté de la jeunesse précaire, soutenez les grévistes de Chronodrive, qui cherchent aujourd’hui à étendre la lutte à l’échelle nationale !

Donnez à la caisse de grève !

Partagez l’appel des grévistes !



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