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Grève générale

31 janvier dans l’Éducation : en Île-de-France, « les AGs construisent la mobilisation »

55% des enseignant.e.s, AESH, psychologues, Assistant.e.s d’Education, CPE étaient en grève dans le secondaire et 50% dans le primaire ce 31 janvier en France. En Île-de-France, les Assemblées Générales locales se multiplient et se densifient. À la manifestation parisienne, dans les salles des profs, la mobilisation continue de se construire.

Correspondant-e

1er février 2023

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Dans l’Éducation, la grève était de nouveau majoritaire ce mardi 31 janvier, après celle du jeudi 19 janvier. Quoiqu’en dise le gouvernement qui minimise les chiffres, bon nombre d’établissements, ce mardi, n’ont pu ouvrir leurs portes et fonctionner faute d’enseignant.e.s, mais aussi d’AEDs, de Conseillers d’orientation, d’AESH et d’agents. La mobilisation s’étend à l’ensemble des personnels d’Éducation et des établissements scolaires, et au-delà des salles des profs et des maitres !

C’est particulièrement vrai en Île-de-France. En Seine-Saint-Denis, plus d’une centaine d’écoles primaires étaient fermées, 84 à Paris, un tiers dans le Val de Marne. Dans le secondaire, on comptait 60% de grévistes dans le secondaire dans l’Académie de Créteil soit au-dessus de la moyenne nationale. La mobilisation est large et très suivie.

Un cortège des bahuts en lutte

Dans la manifestation parisienne, les cortèges d’établissements franciliens ont fait leur apparition en masse et se sont regroupés. Bien plus nombreux que le 19 janvier : de Mitry-Mory, Paris, Sarcelles, Saint-Denis, Gonesse, Garges, Stains… cette fois-ci, les grévistes sont venus en masse avec leurs collègues, leurs pancartes et leurs banderoles pour dénoncer la réforme. Tout ensemble, qu’importe l’étiquette syndicale, c’est ensemble qu’ils ont manifesté.

Des assemblées générales locales qui se multiplient

Les regroupements en Assemblées Générales dans les établissements et sur les secteurs commencent à porter leurs fruits. Sur le département du Val d’Oise, le « collectif Val d’Oise Est » cherche à regrouper les enseignant.e.s des écoles, des collèges et lycées, ainsi que le personnel ATSEM et les parents d’élèves de tout le secteur pour discuter des conditions de travail et d’éducation et préparer les conditions à la grève reconductible. « Ce n’est malheureusement pas avec une date par semaine qu’on va parvenir à faire flancher le gouvernement. L’intersyndicale se trompe, alors que localement, il y a la volonté de partir en grève reconductible dès à présent. Il faut s’y préparer », explique Louis, professeur de philosophie et membre du collectif.

En effet, ce mardi 31 janvier, l’intersyndicale vient d’appeler à une nouvelle journée de mobilisation le mardi 7 février et le samedi 11 févier. Soit dans une semaine.

Une colère ravivée par la baisse des dotations

Pourtant dans les Assemblées locales comme dans les établissements, les enseignants sont prêts à partir et rongent leur frein. B., enseignant au lycée Le Corbusier à Aubervilliers, l’assure : « dès demain - mercredi 1er février – on va se réunir dans mon établissement pour discuter des suites : il est possible qu’on débraye à la suite de la mobilisation très suivie de ce mardi ». Ce sont également les mandats que souhaitent porter les réunions d’enseignants d’établissements auprès des Assemblées Générales département à la Courneuve, Sarcelles, Saint-Denis, Aubervilliers : ce jeudi, à la bourse du travail de Bobigny, doit se tenir une Assemblée Générale en lien avec l’intersyndicale (FSU, CGT, Sud Educ) à 18h pour discuter des suites du mouvement.

Pas sûr que le calendrier de l’intersyndicale soit suffisant pour les enseignants et personnels d’éducation dont les conditions de travail se dégradent continuellement : alors que les moyens pour l’année 2023 sont tombés et sont très nettement en baisse, la colère est palpable. Le départ en reconductible, avec le maximum de collègues, aurait de quoi mettre le feu aux poudres.

Investir les Assemblées Générales partout et préparer la reconductible

Pour obtenir la reconduction d’un mouvement d’ensemble et gagner les revendications concernant la retraite, les conditions salariales et les moyens dans les établissements, les personnels de l’éducation doivent s’emparer de ce moment décisif. En investissant les assemblées générales locales des établissements, de secteur et les assemblées générales départementales, pour pousser au renforcement et à l’élargissement de la mobilisation, dès aujourd’hui et jusqu’au 7 février, l’éducation peut, aux côtés de l’ensemble des travailleuses et travailleurs, faire dérailler un calendrier de l’intersyndicale qui ne fait que diluer la mobilisation et la colère. En le débordant, par la grève reconductible, l’éducation se donnerait les moyens d’une authentique mobilisation victorieuse.


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