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Écologie

Catastrophe capitaliste

1700 morts de la canicule en Espagne et au Portugal : les plus précaires sont les premiers touchés

Selon les chiffres provisoires de l’OMS, les vagues de chaleurs ont provoqué la mort de 1700 personnes sur la péninsule ibérique. Face aux conséquences catastrophiques des températures caniculaires qui ont frappé l’Europe, ce sont une fois de plus les pauvres et les travailleurs qui sont en première ligne, victimes de l’exploitation et de l’irrationalité capitaliste.

mardi 26 juillet

La vague de chaleur qui continue de frapper l’Europe a des effets catastrophiques. Les températures ont atteint des degrés records, que ce soit en France, au Portugal, en Espagne, mais aussi en Belgique, au Royaume-Uni, et même en Allemagne ou dans les pays du nord de l’Europe, qui ont connu des températures allant jusqu’à 40°C.

En France, dans l’État Espagnol, au Portugal, en Grèce de terribles incendies ont réduit en fumée de considérables surfaces de forêts. En France, la Gironde a été particulièrement touchée avec des feux d’une ampleur inédite qui ont dévoré plusieurs hectares de forêts, forçant les habitants à évacuer ou à se calfeutrer chez eux. Les fumées dégagées par les mégafeux ont balayé tout le territoire national et ont provoqué une augmentation des concentrations en ozone, un gaz qui présente un risque pour la santé humaine.

Récemment, des incendies se sont aussi déclenchés aux Etats-Unis, où un feu gigantesque a déjà ravagé plus de 5 000 hectares de forêts en Californie, et continue à s’étendre, menaçant des milliers d’habitations. Dans le même temps l’Afrique de l’Est est touchée par sa pire sécheresse depuis 40 ans, avec également de très important incendies.

En conséquence du dérèglement climatique global, les vagues de chaleur sont de plus en plus fréquentes, étendues et extrêmes et ce, partout sur le globe.
Au Portugal et dans l’État Espagnol, les conséquences dramatiques de la canicule s’incarnent dans le chiffre effarant de 1700 morts recensés par l’Organisation mondiale de la santé. Ce chiffre, basée sur les données des autorités, n’est que provisoire et va continuer à croître. L’OMS a indiqué à l’AFP qu’il avait déjà augmenté. C’est l’exposition à la chaleur extrême, les formes graves d’hyperthermie qui provoquent des décès prématurés.

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Une fois de plus, ce sont les plus précaires qui sont en premières lignes. Une étude d’un institut de santé publique espagnol a ainsi montré que de tous les facteurs qui participent à l’impact des vagues de chaleur sur la santé ce sont les facteurs économique qui sont déterminants

Que ce soient les personnes âgées ou les familles qui n’ont pas les moyens d’avoir une climatisation, ou dont les logements sont insalubres, les travailleurs aux conditions précaires, tout le monde n’est pas égal face aux températures extrêmes et comme les autres conséquences du réchauffement climatique, les décès liés aux vagues de chaleur sont une question de classe.

Pour certaines personnes, l’air conditionné représente une dépense énorme, surtout en cette période d’inflation et d’augmentation des prix de l’énergie. Un autre facteur qui entre en ligne de compte : l’organisation de l’espace. L’accès aux espaces verts, qui rafraîchissent les habitations, est inégalement réparti, et tandis que certains peuvent s’offrir le luxe de profiter d’un peu d’ombre au bord d’une piscine, une majorité vit dans des immeubles hauts de plusieurs étages, plus peuplés et pauvres en végétation. A Paris en 2003, 41% des personnes mortes de la canicule vivaient dans un appartement de une pièce, un tiers dans un appartement situé sous les toits

Les conditions de travail les plus mauvaises et les plus difficiles exposent encore d’avantage aux risques liés à la chaleur, et certains meurent au travail à cause de la canicule. Dans l’État espagnol, entre janvier et mai 2022, les accidents du travail ont augmenté de 20,4 % par rapport à la même période en 2021. Une hausse qui inclut les accidents dus à la canicule de mai 2022. Une étude rassemblant les données de 22 millions d’accidents professionnels dans le monde montrait également qu’une augmentation de température de 1°C au-dessus des températures moyennes de référence entraîne une augmentation de 1% du risque d’accidents professionnel, et que ces risques augmentent de 17% lors des vagues de chaleur.

La Izquierda Diario ES, journal frère de Révolution Permanente de l’autre côté des Pyrénées, citait ainsi l’exemple de José Antonio Gonzalez, un employé de voirie mort à Madrid. Ses horaires de travail correspondaient aux horaires de températures maximales, durant lesquelles il n’est normalement pas recommandé d’exercer des activités physiques en extérieur. Après avoir perdu connaissance en milieu d’après-midi, il est décédé dans la nuit à l’hôpital.
Dans la banlieue de Madrid, une autre personne est décédée au travail le 18 juillet dernier. La victime a fait un malaise alors qu’elle travaillait dans un entrepôt. Lorsque les secouristes sont arrivées, sa température corporelle était « de 42,9 degrés » d’après les services d’urgences madrilènes.

Dans ce contexte, il est impossible de faire confiance aux gouvernements pour trouver des solutions pour les travailleurs et les populations. Dans l’État espagnol, où l’inflation a atteint les 10 %, tout en se lamentant des incendies et en déplorant la crise climatique le gouvernement a encore augmenté le budget de l’armée et n’a pris aucune mesure pour les travailleurs. La hausse des prix continue et celui de l’électricité continue de monter en flèche. Quant aux salaires, ils ne suivent pas plus qu’en France.

Ce qui tue, ce n’est pas seulement la chaleur, c’est aussi l’irrationalité et la violence du système capitaliste. Cet été infernal est loin d’être le dernier : la fréquence des canicules devrait encore être multiplié par deux d’ici 2050. Face aux catastrophes, le patronat aura toujours des bouées de sauvetage. Plus que jamais, à l’heure où toute l’Europe est frappé par un désastre climatique et humain sans précédent, il est urgent de reprendre nos affaires en main pour mettre en fin à la catastrophe. La transition écologique ne pourra se faire qu’entre les mains des travailleurs, en première ligne face à la crise climatique.



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