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La Izquierda Diario
23 de janvier de 2021 Twitter Faceboock

"66 millions de procureurs" : Macron ressort le mépris pour cacher son bilan catastrophique
Yann Olivier

Après les « gaulois réfractaires », les « sans-dents » ou encore « il suffit de traverser la rue », les petites phrases méprisantes d’Emmanuel Macron sont de retour. Faisant face à de vives critiques quant à la gestion catastrophique de la crise sanitaire le président de la république s’agace et estime finalement que « Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs ».

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Crédit photo : YOAN VALAT / POOL / AFP

« Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs », voici la dernière des petites phrases d’Emmanuel Macron pleine de mépris. En déplacement à l’université Paris Saclay pour présenter un plan d’investissement national dans les technologies quantiques après avoir rencontré des étudiants, le président de la république française s’est agacé face aux critiques lui étant adressées de la gestion de la crise sanitaire. Assumant un projet comportant une « part de risques et d’erreurs », il dénonce la « traque incessante de l’erreur » en France caractéristique de la « défiance française » avant de se défendre : « celui qui ne fait pas d’erreur, c’est celui qui ne cherche pas, qui ne fait rien ou qui mécaniquement fait la même chose que la veille ». Une rhétorique tout à fait hypocrite qui veut cacher derrière les valeurs républicaines la responsabilité du gouvernement dans la situation sanitaire et économique actuelle.

Des déclarations qui ont suscité de vives réactions de part et d’autre de l’échiquier politique français notamment sur les réseaux sociaux avec plus ou moins d’hypocrisie. A gauche, la France Insoumise dénonce le mépris de Macron, « Macron rêve de 66 millions de béni-oui-oui » fustige Clémentine Autain, Adrien Quatennens estime quant à lui que « Macron, pour qui il manquait ’un roi à la France’ , a vraiment un grave problème avec la démocratie. En 2022, dehors le monarque ». François Ruffin rappelle quant à lui de manière tout à fait juste ce qu’endure la population à cause de la gestion faite par le gouvernement de la pandémie : « Couvre-feu à 18 h, pas plus de six à table, journée réduite à boulot-écran-dodo... Depuis un an, docilement, les Français obéissent. Mais ces 66 millions de citoyens se permettent encore d’avoir un avis sur leur vie ! Sur le pays ! On comprend la colère de Jupiter ! »

Quant à elle, bien sûr, la droite n’a pas hésité à instrumentaliserce discours pour affirmer toujours plus son idéologie patriote nauséabonde et sa défense de la démocratie républicaine. Eric Ciottia, par exemple, expliqué que le président de la république avait « un problème avec le peuple ». De son côté, Marine Le-Pen a choisi l’ironie de manière : « Virus ou pas, il y a au moins une chose qui ne change pas, c’est la propension d’Emmanuel Macron à vilipender les Français à tout bout de champ ! » Une récupération politique qui évince derrière un argumentaire nationaliste, le principal enjeu, celui de dénoncer la gestion criminelle de la crise du gouvernement.

La question n’est pas celle de la défense de la patrie ou du chauvinisme comme le défend la droite, mais bien d’une tentative pour le Président de se déresponsabiliser de l’hécatombe sanitaire et économique. Alors même qu’il venait de rencontrer juste avant son discours des étudiants pour parler de la situation dramatique de la jeunesse entre détresse psychologique et précarité par la responsabilité même du gouvernement, cette « petite phrase » est une nouvelle fois la démonstration du mépris d’Emmanuel Macron. La gestion de la crise sanitaire du gouvernement est depuis le début catastrophique et il nous faut rappeler les nombreux scandales qui ont éclaté depuis le début de la crise sanitaire. De l’impréparation totale face à une pandémie mondiale avec les affaires scandaleuses des masques, du manque de matériel et de la stratégie déployé pour les tests jusqu’à la campagne de vaccination qui tourne au fiasco, la seule chose que le gouvernement a été capable de mettre en place c’est bien une gestion autoritaire de l’épidémie entre confinement et couvre-feu démontrant son amateurisme. Il est évident que les choix politique du gouvernement quant à la gestion de la crise ne sont en rien tournés vers l’intérêt de la majorité de la population toujours plus privé de liberté, mais bien vers la préservation des profits capitalistes au plus grande joie du MEDEF renforçant toujours plus le triptyque « métro-boulot-dodo ».

Il est tout à fait légitime de ne pas faire confiance au gouvernement, et selon un sondage IFOP seulement 37% de la population qui fait confiance au gouvernement pour faire face au virus. Cela est d’autant plus renforcé lorsque nous voyons que la stratégie pro-patronales et répressives mise en place par le gouvernement depuis près d’un an est un total échec et nous mène aujourd’hui tout droit vers un troisième confinement. N’en déplaise à Emmanuel Macron, les critiques lui étant adressées ne sont pas le résultat d’une « défiance française » naturelle mais bien de la gestion criminelle menée par son gouvernement de la crise sanitaire.

 
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