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Politique

Une nouvelle attaque contre les travailleurs

Réforme de l’assurance chômage : les femmes et les précaires seront les plus touchés

La réforme de l’assurance chômage a pour but de rétablir les finances de l’Unédic et, par là, de faire payer la crise économique aux travailleurs, elle attaque ainsi particulièrement les femmes ou les personnes en chômage partiel. Un « effet indésirable » qui sera « corrigé », selon la ministre du travail Elisabeth Borne, mais c’est la réforme en entier qu’il faut jeter.

vendredi 16 avril

Crédits photo : Ludovic MARIN/AFP

La réforme de l’assurance chômage devrait s’appliquer au 1er juillet. Son objectif est clair : boucher un trou de 400 millions d’euros dans les caisses de l’Unédic, l’organisme paritaire qui alimente et gère l’assurance chômage. La crise économique qui suit la pandémie de covid-19 et les plans sociaux du patronat dont elle est le principale prétexte causent mécaniquement une baisse des cotisations sociales tout en créant plus de travailleurs privés d’emplois.

Le déficit de 400 millions d’euros est en réalité bien faible par rapport, par exemple, aux 100 milliards d’euros qui disparaissent via évasion fiscale, mais aussi aux dizaines de milliards qui ont été versés au patronat depuis le début de la crise. Il s’agit en effet de faire payer aux travailleurs la crise et les largesses octroyées aux entreprises. C’est une des attaques qui se cachent derrière le fameux « l’État paiera » qui avait marqué le discours de Macron annonçant le premier confinement il y a un peu plus d’un an.

Cette réforme des retraites a donc toutes les caractéristiques d’une future cure d’austérité visant à réduire les dépenses publiques au détriment des travailleurs. C’est dans ce cadre que le syndicat FO a demandé une enquête quantitative à l’Unédic. Cette étude porte sur un certain nombre de profils types sur lesquels on a observé les effets de la réforme. C’est ainsi qu’il a été démontré qu’une travailleuse ayant eu un congé maternité verrait ses indemnités baisser, de même qu’une personne ayant alterné des CDD et du chômage partiel. Les personnes les plus touchées par cette réforme sont donc bel et bien les femmes et les travailleurs précaires.

Le 15 avril, la ministre du travail, Elisabeth Borne, a admis que ces effets étaient bien réels et que son ministère allait corriger ce qu’elle présente comme des erreurs. « On n’a pas choisi d’être en activité partielle et donc l’objectif, c’est qu’on ne soit pas pénalisé, a-t-elle réagi. Il y a un effet qui ne correspond pas à ce qu’on souhaite faire donc on va le corriger. ».

Mais c’est toute la réforme qu’il faut supprimer, et pas simplement amender à la marge. Ce n’est pas aux travailleurs de supporter le coût de la crise. Cette réforme va réduire encore un peu plus les revenus de ceux qui les ont déjà vu baisser de façon importante depuis le début de la pandémie, du fait du chômage partiel et des plans sociaux. Du côté du patronat, les grandes fortunes ont vu leur capital augmenter, à l’image de Jeff Bezos ou Bernard Arnaud. C’est à ceux qui profitent de la crise, mais aussi en dehors des crises, de payer pour les arrangements que le gouvernement a mis en place pour garantir leur survie et leurs profits.