^

Politique

Violences policières

Nanterre : nuits de révolte après le décès d’un jeune dans un accident avec une voiture de police

Dans la nuit de lundi à mardi dans le quartier Pablo Picasso à Nanterre, un jeune de 21 ans est mort suite à un accident de la route impliquant une voiture de police. En réaction à cet énième décès en présence des forces de répression, des révoltes ont éclaté mardi et mercredi, et ont été fortement réprimées.

jeudi 15 avril

Crédit Photo : MICHEL RUBINEL / AFP

Selon Le Parisien, ce jeune de 21 ans était en scooter au moment des faits. Dans la nuit de lundi à mardi, il a croisé la route mortelle d’une voiture de police, sans qu’il n’y ait plus d’information à ce stade de l’enquête.

Alors que le quartier est endormi, seuls trois témoins sont sur place, tous policiers. S’ils livrent une version unanime de la scène au commissariat d’Asnières-sur-Seine chargé de l’enquête, à savoir que le jeune homme serait mort après avoir grillé la priorité à droite et après avoir heurté le sol avec sa tête, les habitants semblent se méfier de ces témoignages.

De fait, une source anonyme aurait confié au Parisien que la voiture de police « roulait assez vite » et aucune preuve n’allègue pour l’instant la version policière qui vise à démentir les policiers de toute collision avec le défunt. De plus, la police a pour habitude de maquiller les faits de violences policières en versant des témoignages unanimes à l’enquête. Récemment, c’est un homme de 21 ans qui a déposé plainte pour « dénonciation calomnieuse » et « faux et usage de faux en écriture publique » après avoir été tabassé et tazé par des policiers à Bobigny, vidéos accablantes à l’appui.

En réaction à ce qui apparaît comme une énième mort dans des circonstances impliquant la police, les habitants de Nanterre et du quartier Pablo-Picasso ont réagi en s’affrontant à la police. Dans les vidéos prises sur place, la présence policière saute aux yeux et selon le compte Instagram du journaliste Shahin Hazamy, plusieurs personnes auraient été tabassées par les forces de répression.

Ce drame est une nouvelle expression brutale des violences policières quotidiennes que vivent les habitants et jeunes des quartiers populaires. Ces révoltes sont légitimes et traduisent une volonté de relever la tête et de refuser l’impunité policière, qui jusqu’ici s’exprime par le fait que la version officielle est encore une fois celle de la police.




Mots-clés

Révoltes   /    Police   /    Violences policières   /    Politique