^

Politique

Répression policière

La ZAD de Gonesse expulsée, les occupants interpellés. L’Etat réprime les écolos, le combat continue !

La ZAD du Triangle de Gonesse a été évacuée ce matin après 17 jours d’occupation. Vint-cinq militants ont été placés en audition au Commissariat de Cergy. La lutte continue pour les militants écologistes, qui appellent à des rassemblements de soutien.

mardi 23 février

Depuis vendredi soir, la menace était de plus en plus forte. A la suite de la plainte de la présidente de la Région Île-de-France Valérie Pécresse, le tribunal de Pontoise ordonnait l’expulsion de la Zone à Défendre (ZAD), sous une astreinte de 500 euros par jour de retard, alors que depuis plus de deux semaines une ZAD se construisait près de la ville de Gonesse afin de lutter contre le projet de gare acheminant la ligne 17 du Grand Paris Express, sur le terrain dans lequel devait se construire un autre grand projet inutile, le projet Europacity.

Entre 6h et 7h ce mardi matin, des dizaines de camionnettes de Gendarmerie ont donc stationné près de la ZAD, coupant la circulation sur la zone, avant d’entamer l’expulsion des militants sur place. Si il n’y a pas eu d’affrontements violents sur le lieu de l’évacuation, les forces de l’ordre n’en ont pas moins profité pour placer en audition au commissariat de Cergy une bonne partie de vingt-cinq des militant.e.s présent.e.s ce matin à la ZAD. « Les CRS sont arrivés vers 6 heures, on est cernés, ils ont envahi la ZAD », témoignait un militant auprès du Monde. Les gendarmes en ont profité pour placer vingt-cing des militant.es présent.es à la ZAD en audition au commissariat de Cergy.

Un projet hors-sol ne répondant pas aux besoins des habitants du territoire

Le projet de future station “au milieu des champs”, éloignée de presque 2 km des premières habitations est loin d’être une réponse à la demande de transports du quotidien. La ligne doit en effet relier la ville de Saint-Denis aux aéroports du Bourget et de Roissy Charles de Gaulle afin de répondre aux besoins de l’industrie polluante de l’aviation.

À l’heure où les écologistes demandent à ne plus considérer les sols comme une simple ressource à exploiter, le gouvernement français préfère donc continuer sa politique d’artificialisation massive des sols qui est déjà la plus importante d’Europe.
Contre ce projet hors sol, les militants du Triangle de Gonesse ont une alternative. Nommée CARMA (Coopération pour une ambition agricole, Rurale et Métropolitaine d’Avenir), celle-ci propose des fermes en agroécologie ainsi qu’un centre de formation consacré à l’alimentation durable.

Dans son rapport de 2019, l’IPBES (équivalent du GIEC pour la biodiversité) montre un « taux d’extinction des espèces « sans précédent » et qui s’accélère ». Cette réflexion prend encore plus de sens dans le contexte de la crise du COVID-19 qui a mis en exergue le lien entre dégradation des environnements, la perte de la biodiversité et le risque épidémique. Pour Stamina, nouveau zadiste : « Si on détruit la nature, tout le monde sera perdant, sauf quelques privilégiés qui ne voient que leurs intérêts. »

Alors que les soutiens affluaient de partout depuis 17 jours, la communauté s’organisait pour faire avancer la lutte et construire la ZAD comme un point d’appui des luttes écologistes en Ile-de-France.

Le combat continue et appelle à être élargi

La ZAD évacuée, la lutte se poursuit. Un rassemblement a eu lieu devant le commissariat de Cergy pour soutenir les militants en garde à vue a été lancé. Le collectif pour le Triangle de Gonesse a, lui, d’ores et déjà publié un communiqué, appelant à ne pas lâcher la pression sur le gouvernement pour faire advenir un autre projet sur le territoire




Mots-clés

Répression policière   /    Police   /    Zone à défendre   /    expulsion   /    Répression   /    Politique